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🦠VIRUS SHAMONDA CHEZ LE CHEVAL : un nouveau risque neurologique à surveiller ?

28 août
7 min de lecture

Depuis l’été 2026, un nouvel Orthobunyavirus de type Shamonda, également désigné European Shamonda Virus(ESV) ou Shamonda-like virus, circule activement en Europe.

D’abord identifié chez les bovins, notamment en France, en Allemagne et en Suisse, le virus vient désormais d’être détecté pour la première fois chez des chevaux en Europe.

Deux chevaux ayant présenté des troubles neurologiques en Suisse se sont révélés positifs au virus Shamonda dans leurs tissus cérébraux après leur décès.

Cette découverte constitue un signal sanitaire important pour la filière équine, même si les scientifiques restent prudents : à ce jour, la présence du virus dans le cerveau de ces chevaux ne suffit pas encore à démontrer formellement qu’il est responsable des symptômes neurologiques observés.


Présentation de la maladie


Le virus Shamonda appartient au groupe des Orthobunyavirus du sérogroupe Simbu.

Il est notamment apparenté au :


  • virus de Schmallenberg ;

  • virus Akabane ;

  • ainsi qu’à plusieurs autres virus transmis par des insectes et connus principalement chez les ruminants.


Le virus Shamonda avait été identifié pour la première fois au Nigeria dans les années 1960. Jusqu’en 2026, sa présence avait surtout été rapportée ponctuellement en Afrique et au Japon.

La situation change brutalement durant l’été 2026 avec l’émergence en Europe d’un virus de type Shamonda, retrouvé notamment en France, Allemagne, Suisse, Belgique, Pays-Bas, Autriche et Liechtenstein.

En France, au 24 août 2026, son génome avait déjà été détecté chez des bovins dans 18 départements et cinq régions, principalement dans la moitié Est du pays mais également en Normandie.


Transmission du virus


Le virus Shamonda est considéré comme une maladie vectorielle.

Sa transmission serait principalement assurée par les culicoïdes, de minuscules moucherons piqueurs hématophages.


Ce sont notamment les mêmes types de vecteurs que ceux impliqués dans la transmission de la fièvre catarrhale ovine (FCO), de la maladie hémorragique épizootique (MHE) ou du virus de Schmallenberg.


La circulation du virus est donc favorisée pendant les périodes d'activité importante de ces insectes, particulièrement durant les mois chauds.

Les conditions climatiques de l'été 2026 pourraient avoir participé à son expansion rapide en Europe.



Circulation et transmission du virus Shamonda. Visuel UMASE


Le virus se transmet-il directement entre chevaux ?


À ce jour, aucune transmission directe significative d'un animal à l'autre n'est démontrée.

Chez les espèces déjà étudiées, la transmission repose essentiellement sur les insectes vecteurs. Une transmission verticale, de la mère au fœtus pendant la gestation, est toutefois possible chez les ruminants.


Le virus shamonda et le cheval


Depuis la fin du mois de juillet 2026, plusieurs chevaux présentant des troubles neurologiques inexpliqués ont été signalés dans différentes régions de Suisse.

Les investigations réalisées dans les cliniques équines universitaires de Berne et Zurich ont initialement permis d'écarter plusieurs agents infectieux connus.


Le virus Shamonda-like a finalement été identifié dans le tissu cérébral de deux chevaux décédés, signalés respectivement les 30 juillet et 4 août 2026.

Pour l'un d'eux, les recherches étaient notamment négatives pour les herpèsvirus équins EHV-1/EHV-4 et le virus West Nile.


Il s'agit des premières détections connues de ce virus chez le cheval en Europe.


Le virus Shamonda provoque-t-il réellement une maladie neurologique chez le cheval ?


C'est aujourd'hui la question centrale.


La détection du virus directement dans le cerveau de deux chevaux présentant des troubles neurologiques représente un élément particulièrement intéressant et les autorités sanitaires suisses considèrent qu'un lien est plausible.


Cependant, le RESPE rappelle qu'il est encore trop tôt pour établir formellement une relation de cause à effet.

Les recherches doivent notamment déterminer :


  • si le cheval est réellement sensible au virus ;

  • dans quelle proportion une infection entraîne des symptômes ;

  • quels sont exactement les signes cliniques associés ;

  • combien de chevaux peuvent être infectés sans développer de maladie ;

  • et quelle est la meilleure méthode pour diagnostiquer l'infection chez un animal vivant.


Transport d'un cheval avec troubles neurologiques en ambulance UMASE


Quels sont les symptômes à surveiller ?


Les informations publiées par les cliniques équines universitaires suisses permettent désormais de décrire les signes rencontrés chez les chevaux actuellement suspects.

Les premiers symptômes peuvent être relativement discrets :


• Abattement

• Apathie

• Somnolence inhabituelle


Des signes neurologiques peuvent ensuite apparaître :


• AtaxieLe cheval manque de coordination, trébuche ou présente une démarche instable.

• Troubles de l'équilibre

• Faiblesse et difficultés à se déplacer

• Fasciculations ou contractions musculaires

• HyperesthésieLe cheval devient anormalement sensible au toucher ou à certains stimuli.

• Inclinaison anormale de la tête

• NystagmusMouvements involontaires des yeux.

• Strabisme

• Altération de l'état de conscience ou somnolence marquée

• Démarche titubante ou très instable


De la fièvre a également été rapportée chez certains chevaux présentant des syndromes neurologiques actuellement surveillés en Suisse.

Tous les chevaux ne semblent toutefois pas présenter la même gravité.


Les équipes vétérinaires suisses rapportent que certaines formes semblent bénignes et peuvent s'améliorer spontanément, tandis que d'autres évoluent vers des troubles neurologiques importants pouvant conduire à l'euthanasie de l'animal.


Attention : ces symptômes ne sont pas spécifiques !


Une ataxie ou des troubles neurologiques chez un cheval ne signifient absolument pas automatiquement une infection par le virus Shamonda.

De nombreuses autres maladies peuvent provoquer un tableau similaire.

Le vétérinaire devra notamment envisager, selon le contexte :


  • la fièvre de West Nile ;

  • les herpèsvirus équins, notamment EHV-1 ;

  • l'encéphalite à tiques ;

  • d'autres maladies infectieuses ;

  • des intoxications ;

  • des traumatismes ;

  • ou différentes affections neurologiques non infectieuses.


Le diagnostic différentiel reste donc indispensable.


Comment diagnostiquer le virus ?


C'est actuellement l'une des principales difficultés.

Chez les deux chevaux positifs en Suisse, le virus a été identifié dans le tissu cérébral après leur décès, notamment grâce au séquençage génomique et à des techniques PCR.

Chez l'un d'eux, le matériel génétique viral n'avait en revanche été détecté ni dans le sang ni dans le liquide céphalo-rachidien.


À ce jour, les équipes suisses indiquent donc qu'elles ne sont pas encore parvenues à démontrer directement l'infection chez un cheval vivant.

La virémie pourrait être particulièrement courte, comme cela semble être le cas chez les ruminants.


Les laboratoires travaillent actuellement au développement et à l'adaptation d'outils diagnostiques permettant de confirmer plus facilement une infection chez le cheval vivant.

En attendant, un diagnostic de suspicion repose essentiellement sur :

les symptômes + le contexte épidémiologique + l'exclusion des autres causes possibles.


Existe-t-il un traitement ?

Il n'existe actuellement aucun traitement antiviral spécifique contre le virus Shamonda.

La prise en charge d'un cheval présentant des troubles compatibles repose donc sur un traitement symptomatique et des soins de soutien, adaptés à son état clinique.

Dans les formes neurologiques importantes, la sécurisation du cheval devient également essentielle.

Un cheval ataxique ou présentant d'importants troubles de l'équilibre peut se coucher, chuter ou devenir incapable de se déplacer normalement.

Toute tentative de manipulation ou de transport doit alors être évaluée avec le vétérinaire en tenant compte de la sécurité du cheval et des personnes présentes.


Existe-t-il un vaccin ?


Non.

À ce jour, aucun vaccin contre le virus Shamonda n'est disponible.

La prévention repose donc principalement sur la réduction de l'exposition aux insectes vecteurs.


Comment protéger son cheval ?

Dans l'état actuel des connaissances, les mesures préventives sont proches de celles utilisées contre les autres maladies transmises par des insectes.

Limiter l'exposition aux culicoïdes

Lorsque cela est possible :

  • utiliser des protections physiques adaptées contre les insectes ;

  • employer des répulsifs adaptés aux équidés ;

  • limiter l'exposition pendant les périodes de forte activité des insectes ;

  • utiliser ventilateurs ou systèmes permettant de limiter la présence d'insectes dans les bâtiments lorsque cela est pertinent.

  • Réduire les zones favorables aux insectes


Il est notamment recommandé de :


  • éviter les accumulations d'eau stagnante ;

  • entretenir les abords des bâtiments ;

  • surveiller les zones humides ;

  • gérer correctement les effluents et matières organiques favorables au développement des insectes.


La protection contre les vecteurs ne permet pas de supprimer totalement le risque mais peut contribuer à réduire l'exposition.



Et les juments gestantes ?


La prudence est particulièrement importante sur ce point.

Chez les bovins, le virus a déjà été retrouvé dans des fœtus avortés, plusieurs semaines après le passage initial du virus.


Les virus proches appartenant au sérogroupe Simbu, notamment le virus de Schmallenberg, peuvent également provoquer des troubles de la reproduction et des malformations congénitales.

Le RESPE indique donc qu'une attention particulière pourra être portée aux avortements chez les équidés, même si aucun lien de ce type n'est pour l'instant démontré chez le cheval.


Quelle est la situation en France ?


Le virus circule déjà largement chez les bovins français.

Au 24 août 2026, du matériel génétique du virus avait été identifié chez des bovins dans 18 départements français répartis dans cinq régions, principalement dans la moitié Est mais également en Normandie.

À la date du 27 août 2026, les premières détections équines officiellement rapportées concernent cependant la Suisse.

Le RESPE suit désormais spécifiquement la situation dans la population équine française.


La circulation du virus en France au 28/08/2026. Carte UMASE avec les données du RESPE


Que faire face à un cheval présentant des signes neurologiques ?


Face à l'apparition brutale :


→ d'une ataxie ;

→ de troubles de l'équilibre ;

→ d'une faiblesse inhabituelle ;

→ de tremblements ou fasciculations ;

→ d'une modification du comportement ;

→ d'une somnolence anormale ;

→ ou de difficultés à se déplacer :


contactez rapidement votre vétérinaire.


Compte tenu de la circulation simultanée de plusieurs maladies neurologiques, notamment du virus West Nile en France, seul un examen vétérinaire associé aux analyses appropriées permettra d'orienter le diagnostic.

Les suspicions peuvent également participer à la surveillance épidémiologique réalisée par le RESPE.


À RETENIR


🦠 Le virus Shamonda-Europe (SHAV-Europe) est un orthobunyavirus transmis principalement par les Culicoides, de petits moucherons hématophages.


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