🦟Virus West Nile : protéger son cheval face à une menace en progression
- UMASE

- il y a 2 jours
- 4 min de lecture
La fièvre de West Nile, également appelée fièvre du Nil occidental, est une maladie virale transmise principalement par les moustiques. Souvent silencieuse, elle peut néanmoins provoquer chez certains chevaux une atteinte neurologique grave, voire mortelle.
Face à l’extension progressive des zones de circulation du virus en France, la vigilance des propriétaires et détenteurs d’équidés est essentielle.
Présentation de la maladie
Le virus West Nile circule principalement entre les oiseaux sauvages et les moustiques, notamment ceux du genre Culex. Après avoir piqué un oiseau infecté, un moustique peut transmettre le virus à un cheval ou à un être humain.
Le cheval et l’Homme sont considérés comme des « hôtes accidentels » et des culs-de-sac épidémiologiques : la quantité de virus présente dans leur sang est insuffisante pour contaminer un autre moustique.

Il n’existe donc pas de transmission directe :
entre chevaux ;
du cheval vers l’Homme ;
de l’Homme vers le cheval.
La présence d’un cheval malade dans une écurie ne signifie donc pas que les autres chevaux seront contaminés par contact. Le risque est lié à la présence de moustiques porteurs du virus.
La circulation du virus est plus importante durant la période d’activité des moustiques, généralement de mai à novembre, avec un risque accru pendant les périodes chaudes et humides.
La fièvre de West Nile est une maladie réglementée à déclaration obligatoire. Toute suspicion doit être signalée par le vétérinaire aux services compétents.
Quels sont les symptômes chez le cheval ?
La majorité des chevaux infectés ne présentent aucun symptôme. Dans les formes cliniques, les premiers signes peuvent être discrets et peu spécifiques :
fièvre ;
abattement ou fatigue inhabituelle ;
diminution de l’appétit ;
baisse de performance ;
comportement inhabituel.
Une prise régulière de la température peut permettre de repérer précocement une anomalie, notamment pendant les périodes où le virus circule.
Les signes neurologiques
Dans certaines situations, le virus atteint le système nerveux. Le cheval peut alors présenter :
des tremblements musculaires, notamment au niveau de la tête, de l’encolure ou des épaules ;
une faiblesse, souvent plus marquée au niveau des membres postérieurs ;
une démarche hésitante ou désordonnée ;
des trébuchements répétés ;
une perte d’équilibre ou une mauvaise coordination des mouvements ;
des difficultés à reculer, tourner ou se déplacer ;
une modification du comportement ;
une dépression importante ou, au contraire, une hyperexcitabilité ;
une paralysie faciale ou des difficultés à avaler ;
des difficultés à se lever ou à rester debout ;
dans les formes les plus sévères, un décubitus, une paralysie, un coma ou le décès.

Transport en ambulance équine par l'UMASE d'un équidé positif au virus WestNile présentant des troubles neurologiques
Un cheval présentant brutalement de la fièvre, des tremblements, une démarche anormale, une faiblesse des postérieurs ou des difficultés à se relever doit être examiné rapidement par un vétérinaire.
En attendant son arrivée, il convient de limiter les déplacements du cheval, de l’installer dans un environnement calme et sécurisé et d’éloigner les personnes non indispensables. Un cheval désorienté ou en perte d’équilibre peut tomber brutalement et devenir involontairement dangereux.
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre West Nile. La prise en charge repose sur des traitements symptomatiques, des soins de soutien et la prévention des blessures et complications. La majorité des chevaux atteints d’une forme bénigne récupèrent, mais les formes neurologiques peuvent laisser des séquelles pendant plusieurs mois et présenter un pronostic réservé.
Circulation du virus en France au 22/08/2026

O Aucun cas ni suspicion recensé
O Risque faible
O Risque modéré
O Risque élevé
carte UMASE avec les données du RESPE
Comment prévenir la maladie ?
La prévention repose sur deux axes complémentaires : la vaccination et la réduction de l’exposition aux moustiques.
La vaccination
Des vaccins contre West Nile sont disponibles pour les chevaux. Ils permettent de réduire significativement le risque de développer une forme grave, notamment neurologique.
La vaccination est particulièrement recommandée :
dans les régions où le virus circule ;
pour les chevaux vivant à proximité de zones humides ;
pour les équidés voyageant ou participant à des compétitions ;
lorsque l’activité des moustiques est importante ;
pour les chevaux fragiles ou présentant un risque accru de complications.

Visuel UMASE selon les protocoles vétérinaires recommandés
Il est préférable d’anticiper : l’immunité doit avoir le temps de se mettre en place avant le début de la période d’activité maximale des moustiques.
Réduire l'exposition aux moustiques
Même chez un cheval vacciné, les mesures de lutte contre les moustiques restent indispensables :
éviter autant que possible les sorties à l’aube et au crépuscule, lorsque les moustiques sont particulièrement actifs ;
rentrer les chevaux dans un bâtiment protégé pendant les périodes à risque ;
installer des moustiquaires sur les ouvertures lorsque cela est possible ;
utiliser des répulsifs adaptés aux équidés, en respectant les recommandations d’utilisation ;
employer des couvertures ou protections anti-insectes adaptées ;
assurer une bonne ventilation des écuries, les moustiques appréciant peu les courants d’air ;
vider régulièrement les récipients contenant de l’eau ;
nettoyer les abreuvoirs et renouveler fréquemment leur eau ;
supprimer les eaux stagnantes présentes dans les seaux, pneus, bâches, gouttières ou matériels laissés à l’extérieur ;
entretenir les abords des bâtiments et surveiller les zones humides.
Une petite quantité d’eau stagnante peut suffire au développement des larves de moustiques. La prévention doit donc être pensée à l’échelle de l’ensemble de l’écurie.
Les bons reflexes
Pendant la saison des moustiques :
surveillez quotidiennement l’état général des chevaux ;
prenez leur température en cas de doute ;
consultez rapidement votre vétérinaire en présence de fièvre ou de signes neurologiques ;
ne tentez pas de déplacer seul un cheval faible, désorienté ou incapable de tenir debout ;
vérifiez avec votre vétérinaire si la vaccination est indiquée ou si un rappel doit être programmé.
La fièvre de West Nile n’est pas contagieuse entre chevaux, mais elle ne doit jamais être banalisée. Une détection précoce et une prise en charge rapide permettent de sécuriser l’animal, son entourage et d’améliorer ses chances de récupération.




Commentaires